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Prise en charge des commotions cérébrales en ostéopathie - auteur Michaël Solito D.O.

posted Jun 19, 2012, 10:20 AM by Clinique Alain Dubreuil   [ updated Jun 20, 2012, 11:50 AM ]

Introduction sur les commotions cérébrales

Les commotions cérébrales représentent des accidents graves qui atteignent directement le cerveau et ses fonctions. Les chocs peuvent être directs ou indirects. De nombreux accidentés de la route, du travail, des enfants et de nombreux sportifs. La spécificité thérapeutique de l’ostéopathie représente une solution appropriée pour ce type de problème complexe de santé qui provoque des symptômes physiques et aussi parfois comportementaux.

Les symptômes des patients qui ont reçu des traumatismes crâniens provoquant des commotions sont variés :

-          maux de tête,

-          migraines et douleurs sourdes,

-          engourdissements au niveau du crâne et du corps,

-          vertiges, nausées et vomissements,

-          sensation de fatigue, de découragement, de vision floue,

-          sensation de faiblesse

-      difficulté dans la prise de décision, difficultés à lire longtemps, de se concentrer, des sensations d’irritabilité, de changement    d’humeur

-          manque de sommeil réparateur.

La perte de concentration peut déclencher des somnolences : dès que la personne se concentre elle a progressivement sommeil.

Ces symptômes peuvent s’accompagner aussi de troubles:

-          de la mémoire, d’apprentissage, de désorientation

-          d’hallucinations visuelles

-          de suées, de douleurs cervicales

-          de dépression

-          de comportements inappropriés

-          d’incapacité à travailler

-          d’inhibition d’action dans les tâches quotidiennes.

Enfin les patients se sentent assommés, étourdis, anxieux de ne pas se sentir être eux-mêmes.

Émotionnellement, les personnes peuvent se sentir fragilisées, avec une sensation de tristesse, en dilemme, hésitants ou présenter des attitudes compulsives, parfois ressentent le besoin d’être confirmées, approuvées, reconnues de manière exagérée.

Parfois, les patients ne savent pas qu’ils ont eu une commotion et éprouvent cependant des troubles chroniques. Ces dysfonctions physiques ou comportementales surviennent parfois immédiatement, quelques temps plus tard ou plusieurs années après. En effet, certaines personnes présentent des troubles parfois 10, 20 ans, 30 ans plus tard quand leur capacité de compensation s’est amoindrie, que la balance hormonale s’est affaiblie.

Au niveau des examens médicaux :

Il est habituel de faire des radiogaphies, des IRM mais souvent l’imagerie médicale ne peut détecter les problèmes dus aux commotions cérébrales sauf si la matière cérébrale a été endommagée avec des microhémorragies ou des hématomes par exemple. Le plus souvent sous l’impact du choc il y a des torsions, des effets de rotations, des compressions et des distractions des différentes parties de l’encéphale sans créer des lésions visibles.

En ostéopathie, la palpation et les tests d’équilibre sont très utiles pour déterminer la présence des zones dysfonctionnelles cérébrales. 

L’efficacité de l’ostéopathie sur les commotions cérébrales

Une personne qui reçoit une commotion aura des réactions variables suivant ses antécédents, son état moral et son environnement. Pour aborder cette complexité, L’ostéopathe a pour charge de tester et analyser les différents mécanismes qui peuvent être impliqués directement ou indirectement lors de ce traumatisme.

Parfois un patient ne sait pas qu’il a subi une commotion cérébrale mais l’ostéopathe est capable de dépister rapidement la zone de l’impact. Si la perte de conscience est un excellent indicateur, parfois les patients peuvent avoir une commotion sans perdre la conscience contrairement à ce que beaucoup de personnes pensent.

De plus en plus de sportifs et d’accidentés se tournent vers les ostéopathes à cause de son efficacité.

« Chaque cas est unique. Nous devons examiner la surface de contact avec un choc direct et les répercussions à distance ou chocs indirects dans la colonne cervicale, les têtes des côtes, les subluxations vertébrales, les tensions sur les attaches, les fascias et le système vasculaire notamment la carotide. Les progrès apparaitront quand un certain nombre de mécanismes seront remis en fonction, recommenceront à interagir ensembles. » Philippe Druelle DO.

Un protocole de traitement suivant trois grandes étapes peut permettre à l’ostéopathe de prendre en charge la souffrance et le malaise du patient ayant subi un tel trauma.

La première étape sera de rétablir une homéostasie extra et endocrânienne non fonctionnelle :

Il est ainsi nécessaire de normaliser les dysfonctions intervertébrales survenues dans le choc, notamment au niveau des thoraciques hautes, car ces dysfonctions viendront perturber l’homéostasie des tissus intracrâniens. Et ce afin de normaliser la qualité drainante, nourricière et l’action immunitaire la vascularisation, tant dans la localité qu’à distance.

Dans la continuité logique, le praticien redonnera la mobilité de la charnière occipito-cervicale et de la jonction Atlas -Axis afin de permettre un meilleur drainage endocrânien. L’action portera sur le ganglion neurovégétatif cervical supérieur et les attaches duremériennes locale entre autre.   

Toujours dans l’action de rendre une homéostasie normale aux tissus atteints, il est nécessaire de travailler tous les éléments en relation plus ou moins directe avec le trajet des artères carotides et libérer les sites de compressions possibles notamment au niveau intra-osseux temporal (artère cérébrale moyenne étant à l’origine de la majorité de la vascularisation encéphalique).

La seconde étape consistera à rétablir le lien neurologique des fonctions adaptatives cérébrales, de l’équilibre et neurovégétatives autres.

 L’action via le temporal (nerf pétreux, vestibulaires, facial, etc) et le sphénoïde (ganglion sphénopalatin) entre autre apportera une normalisation d’une partie de ces dysfonctions.

Le relâchement du foramen jugulaire permettra une décompression du paquet vasculo-nerveux en relation, notamment le nerf vague (anc. Pneumogastrique) qui peut entraîner de nombreux dysfonctionnement de la sphère viscérale en plus de sa relation avec le contingent neurologique cervicale et le premier ganglion sympathique.

La troisième et dernière étape de ce protocole de traitement serait de relancer la dynamique endocrânienne fluidique.

        La fosse postérieur en rapport via le foramen magnum avec le tronc cérébral, le canal de l’épendyme, les racines de la plupart des nerfs crâniens, le quatrième ventricule subit dans ce cadre un whiplash perturbant tous ces éléments et leurs fonctions directement liées.  

Les ventricules latéraux ont une action indirectement sur le système limbique, sur la dynamique de la fluctuation du LCR et la région du troisième ventricule et du thalamus. « La technique doit être effectuée le plus souvent possible car elle augmenterait l’activité systémique du cerveau de manière significative » comme l’ont observé dans son département le Professeur Chépolvanikov PhD et Philippe Druelle DO.

Le troisième ventricule aurait une action directe en raison de sa proximité avec la région du thalamus et des noyaux gris centraux. La technique stimule cette région en lui permettant de retourner vers la norme, avec une meilleure régulation des fonctions thalamiques, hypothalamique et de l’hypophyse. Les effets sont puissants pour la synergie des fonctions cérébrales, la régulation des pressions endocrâniennes, la vasomotion, l’impédance etc.

Conseils pour traiter les patients atteints de commotions cérébrales

L’écoute est un paramètre majeur, comprendre leur malaise et leur souffrance. Il est important de travailler avec douceur et précision et d’agir avec discernement.

Dans le cas où le patient présente de la souffrance ou si la commotion est récente. Il est souhaitable de commencer à travailler en périphérie comme à partir du sacrum pour influencer la base de l’endocrâne et l’équilibre réciproque des membranes duremériennes à distance.

La fréquence des soins : il est préférable de traiter un patient peu au début mais plus souvent. Chaque jour un peu, maximum 10 minutes à un quart d’heure. Il est aussi nécessaire de prendre son temps pour l’écouter. Puis, dès que nous sentons un progrès nous augmentons la longueur du traitement généralement au bout d’une semaine et nous espacerons alors les traitements. Les tissus et les mécanismes ne peuvent prendre plus que la capacité de leur résistance.

 Sources :

-          « Matthew Lombardi de retour au jeu grâce à l’Ostéopathie », par Philippe Druelle DO.

-          « Prise en charge du traumatisme chez le sportif de haut niveau », par Dr Jean Marcel Ferret.

-          « Repartir ou l'expérience du traumatisme cérébral», par Paul Muller.

-          « l’ostéopathie et les traumas crêniens », par Pierre-Louis Manissole DO.

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